Tante Amélie et tante Clémence, qui est la femme du frère de tante Amélie, inventaient des habits et des chapeaux très chouettes pour leurs dix enfants, les cent enfants de leurs amies pas bricoleuses et les mille enfants de leurs amies blogueuses !
Elles inventaient et elles cousaient, très tard le soir, tous les samedis et les weekends aussi. Mais comme oncle Nicolas disait qu’il avait épousé une machine à coudre aux cheveux blonds alors qu’en fait il avait épousé tante Amélie, et qu’oncle Renaud disait que sa femme, tante Clémence était une surjetteuse à cheveux longs , tante Amélie et tante Clémence leur disaient de se faire cuire un œuf le soir et une omelette pour les cousins car elles ne pouvaient cuisiner devant encore poser passepoils à huit bloomers couleur taupe-lapin …
C’est alors que tante Fabienne, qui est la femme d’affaires et la femme d’oncle Edouard, beau frère de tante Amélie, a dit que « ça ne pouvait plus durer ainsi ce travail de titan tout le temps et qu’il fallait dorénavant faire un Bizenesse Plan pour contenter une demande croissante qui dépassait les capacités d’endurance de mes tantes et de tolérance de mes tontons ».
Tante Fabienne, armée de sa lourde expérience, m’a dit papa, de « chef de textile dans de grandes sociétés de produits » (ou quelque chose comme ça), a donc rempli plein de papiers avec des chiffres et des tampons pour que soit enfin crée MARCEL m’habille.
C’est rigolo MARCEL !
On a tout de suite pensé, avec mes cousins, à Pépé Marcel qui portait des bretelles et nous criait dessus en patois quand on embêtait son chat. Mais nos tantes nous ont dit que ce n’était pas ça, ni papi-bretelles ni son patois, que « la signature de création était une habile allusion au tricot de peau blanc légendaire, symbole formel épuré d’un travail stylistique singulier »
Mystère !
Avec mes cousins, nous avons juste compris combien est compliqué et exigeant le monde des grands. Quoiqu’il en soit, depuis, si mes tantes cousent un peu moins, elles ne travaillent que de plus bel… Merci MARCEL !
Elles ont de la chance, mes tantes, d’avoir des maris si patients et courageux, des enfants conciliants qui aiment les œufs et des clientes si attachantes qui veulent offrir à leurs loupiots tout le chic rétro du tricot de peau.
signé Gaston